Visual Urban Poetry 2007 – (Photo mobile)

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Auto dérision, plus codée que nous souhaitons le concéder. Cette image représente bien l'idée que je me fais du mouvement. Un rat comme pour désigner l’espèce à exterminer : très prolifique, porteur de peste, responsable des bubons visuels sur les murs de notre belle cité. A son attitude pionnière, mêlée de doute et de courage - Il cherche, il teste … une voie, un passage. Tel un aventurier, il veut juste se prouver qu’il peut vivre !

Cette année, un pavé est jeté dans la rue par notre nouveau président qui a instauré le nettoyage systématique des murs de la ville au même titre que le ramassage des ordures. Il s’est appuyé sur des actions menées contre la criminalité aux Etats-Unis dans les années 90 **. Ce qui rend désormais la tâche plus ardue pour chacun : poseurs, amateurs, mateurs, collecteurs, collectionneurs, râleurs…
Touché au cœur de son support, l’art urbain perd un peu de sa dynamique globale. Décadré plutôt que cadré ou encadré, j’espère l’âme des acteurs plus rebelle, plus créative que la politique passagère du pays à leur sujet…

L’idée que nous effaçons des œuvres en fait réfléchir plus d’un!
On trouve différentes mises en application de la loi selon les quartiers. La solution facile est la plus répandue - tout est systématiquement effacé. Puis il y a les quartiers qui préfèrent recouvrir les murs de peinture en épargnant les oeuvres considérées comme faisant partie du patrimoine (la butte aux Cailles – Paris 13). Ou encore par « tolérances » sur certaines zones (rue Dénoyez - Paris Belleville), qui à mon sens a trouvé un bon compromis avec le collectif d’artistes "Frichez nous la paix"; la rue est devenue une expo permanente et le collectif organise des vernissages autour du sujet toutes les 3 semaines environ.

Si ces initiatives ne sont pas soutenues, répétées et diversifiées, il se peut que la fraîcheur créatrice sans enjeux disparaisse progressivement, et avec elle toute une partie d’imaginaire qui a commencé par la gravure au bic de nos bureaux en bois, en classe de CE2…  "j’existe !".
Certains historiens n'attribuent-ils pas les tags
des grottes à « une évolution notoire » de notre espèce?

Evolution, collaboration !
On peut aussi voir les choses autrement. L’art urbain est « éphémère », il est destiné à disparaître dès sa création. Et finalement ce qui a changé cette année, ce n’est que la « durée d’exposition » qui se réduit un peu plus. Par ailleurs, je suis cette année dans une école ou le web est une religion. Les prêchi-prêcha vont dans un sens unique qui poussent à croire que le monde du web en est à la préhistoire de son évolution, que c’est à notre génération de construire cet espace pour demain et qu’il ne serait pas étonnant pour l’évolution de notre espèce, qu’il soit le vecteur de la prochaine étape…

Donc, Il ne tient qu’à nous …
L’art urbain, l’art du peuple, notre art… a souvent été précurseur, et une source d'inspiration pour notre évolution. Le sera-t-il encore une fois?
Je crois que dans cette nouvelle étape, les mateurs, amateurs, collectionneurs, collecteurs ont un rôle à jouer... celui de partager encore plus,  de créer des galeries, des sites, des blogs, de faire des liens, des commentaires, des articles… Le média support qu’est le web réagit à la loi du nombre et non à celle de la politique. Donc plus nous serons nombreux à faire vivre une idée et plus elle nous appartiendra. Ça prend bien sûr un peu de notre temps. Mais si, au lieu de râler sur ce qui nous plaît pas, on passait ce même temps à soutenir ce qui nous plaît ? C’est aujourd’hui, par ce nouveau support …déjà possible!

Je vous invite à enrichir l’article, par des commentaires, un avis, d’autres liens, vers vos images d’art urbain ou celles d’autres sites… sur ce sujet.

IMPORTANT : Ces visuels ne m'appartiennent pas, seules les photos prises sont de mon ressort, donc comme les autres photos, je vous invite à vous servir et à les faire vivre en laissant le nom du site pour que d'autres puissent venir piocher ; mais pour des utilisations commerciales, je ne connais pas les règles juridiques qui régissent ces oeuvres et vous invite à vous poser la question. Que l'on aime ou pas, ce sont des oeuvres protégées au titre de la propriété intellectuelle.




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** un modèle épidémiologique de la criminalité
(…Cette action est appuyée des idées de Michael Gladwell, dans son best-seller The Tipping Point et, avec moins de style, le service de presse de la ville de New York, ont développé un modèle épidémiologique de la criminalité : la violence est un phénomène épidémique, contagieux, qui prospère dans les contextes permissifs. Adaptant la théorie de la vitre brisée (Broken Window Theory) élaborée par les criminologues James Q. Wilson et George Kelling, Michael Gladwell estime que chaque infraction ou incivilité fût-elle insignifiante doit donner lieu à une réponse ferme et immédiate des autorités (tolérance zéro). Cette attention aux détails (la vitre brisée, les graffitis, la fraude dans les transports, etc.) déclenche un processus « vertueux », cumulatif, qui endigue la propagation de l’épidémie de criminalité.)
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Liens :
"Frichez nous la paix"
22 rue Dénoyez Paris Belleville
http://www.fotolog.com/friche

Liens d’artistes :
http://www.missticinparis.com/
http://jefaerosol.free.fr/
                      http://speedygraphito.free.fr/

Il y en a bien sûr beaucoup, beaucoup d’autres… je vous laisse les ajouter aux commentaires ;-)

Publié dans Photo Mobile

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Commenter cet article

ibios 24/09/2008 15:59

très chouette le lien sur la Galerie (310 images) !

caro 15/01/2008 17:32

Pour ma part, je peux passer des heures et des heures à juste les regarder...Ces photos sont magnifiques..Merkii lolo pour nos yeux!

Joune 10/01/2008 09:39

Comment as tu pu oublier celui-ci?
http://www.space-invaders.com
Dénicher ces petits envahisseurs sur les murs de Paris (et de bien d'autres villes) reste un de mes petits jeux favoris!

La démarche utilisée à New York dans les années 90 a certainement porté ses fruits, mais comme toute mesure politique, elle est a replacer dans son contexte et non pas à réutiliser aveuglément... et encore faut-il ne pas confondre "créativité" et "vitre brisée"..

merci Laurent :)